À Siguiri, la crise du carburant s’aggrave de jour en jour. Après une première pénurie de gasoil, la ville est désormais confrontée à une raréfaction extrême de l’essence, devenue quasiment introuvable dans les stations-service comme dans la circulation.
Depuis plusieurs semaines, seules quelques stations fonctionnent de manière intermittente, provoquant de longues files d’attente et une forte tension parmi les usagers. Dans ce contexte, le marché noir prospère, avec des prix atteignant des niveaux records.

Interrogé, Siaka Camara, résident du quartier Siguirikoura 1, dénonce une situation devenue insoutenable :
« Depuis près d’un mois, nous vivons une crise répétitive de carburant. Après le gasoil, c’est maintenant l’essence qui manque. Un litre se vend aujourd’hui à 30 000 francs guinéens au marché noir. Les stations ne servent que de façon routinière, ce qui entretient la crise et favorise les revendeurs. La vie quotidienne est devenue très chère. »
De son côté, Salimatou Kourouma pointe du doigt l’inaction des autorités locales et évoque les causes possibles de cette pénurie. Selon lui, la reprise des activités minières artisanales, notamment par des opérateurs étrangers, détournerait une grande partie du carburant :
« Les citernes quittent Conakry pour ravitailler directement les sites miniers dans les zones reculées, où le gasoil est vendu plus cher. Les stations-service sont ainsi délaissées. Aujourd’hui, même l’essence se fait rare, et les autorités restent sans réaction. À l’approche de la Tabaski, la population souffre énormément : le transport est passé de 3 000 à 15 000 francs guinéens. »
À Kintinia, localité voisine, la situation est tout aussi critique. Doura Keïta décrit un marché parallèle devenu extrêmement fermé et spéculatif :
« L’essence est devenue plus difficile à trouver que certaines substances illicites. Sur le marché noir, elle se négocie entre 30 000 et 50 000 francs guinéens le litre, et seulement entre connaissances. »
Cette crise prolongée impacte lourdement les activités économiques et sociales dans toute la préfecture. Entre inflation des coûts de transport, ralentissement des activités commerciales et difficultés d’approvisionnement, les habitants peinent à faire face.
À quelques jours de la fête de la Tabaski, traditionnellement marquée par une forte mobilité, la persistance de cette pénurie fait craindre une aggravation de la situation, en l’absence de mesures concrètes des autorités compétentes.


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