Ce qui semblait n’être qu’une lointaine rumeur pour les habitants de Dabola et des localités environnantes est désormais une amère réalité. 

Habituellement épargnés par les pénuries de carburant qui touchent certaines grandes villes du pays, les citoyens locaux s’approvisionnaient jusque-là sans grandes difficultés, aussi bien dans les stations-service que sur le marché noir.

Pourtant, ce mardi 9 juin 2026, le décor a radicalement changé. À la station-service « Mamady Canal », une foule nombreuse s’est massée dans une interminable file d’attente, illustrant le désarroi général face à cette situation inhabituelle.

Sur place, Mamady Keïta ne cache pas son inquiétude :

« Nous souffrons énormément en ce moment. Tout comme un enfant en pleurs appelle sa mère à l'aide, nous lançons un appel pressant aux autorités, à commencer par le président Mamady Doumbouya, son Premier ministre et l'ensemble du gouvernement. Qu'ils nous viennent en aide pour l'approvisionnement en essence. Cette pénurie impacte déjà l'économie locale et fait grimper le prix des marchandises. Si rien n'est fait, nous ne savons plus à quel saint nous vouer. »


La détresse est également ressentie dans les villages périphériques, dont plusieurs habitants ont fait le déplacement jusqu’au centre-ville dans l’espoir de trouver du carburant. Fodé Nènè, natif du village de Finala, témoigne des tensions provoquées par cette crise :

« Nous avons passé des heures ici sans obtenir la moindre goutte d'essence. Cela ne crée que des disputes et de la frustration entre nous. Nous avons quitté Finala spécialement pour cela, mais la station ne parvient même pas à servir les motards, à plus forte raison ceux qui viennent avec des bidons, car ils refusent de les remplir. Toute la périphérie est touchée, et toutes les stations de la place affichent le même visage de désolation. »

En raison de la fermeture ou de l’inaccessibilité de certaines pompes officielles, le marché noir semble désormais imposer sa loi. Faute de régulation, les prix de l’essence connaissent une hausse brutale et varient de manière anarchique entre 20 000 GNF et 60 000 GNF le litre, selon les vendeurs et le niveau de spéculation.

Face à cette paralysie qui s’installe, une question taraude désormais l’esprit des citoyens de Dabola : cette crise persistante relève-t-elle d’une défaillance des autorités ou d’un comportement spéculatif au sein de la population ?