En meeting à Paris, l’ancien Premier ministre a livré l’un de ses discours les plus directs contre les autorités de la transition. Entre regrets, dénonciations et appels à la vigilance, il accuse le CNRD d’avoir trahi ses engagements et fustige la disparition de plusieurs figures citoyennes.
Depuis la scène parisienne où il retrouvait ses partisans, Cellou Dalein Diallo n’a pas cherché à contourner les critiques qui lui sont souvent adressées : oui, il a soutenu le coup d’État du 5 septembre 2021. Mais pour lui, ce soutien reposait sur un discours qui, à l’époque, semblait « répondre aux attentes du peuple » et aux valeurs défendues par l’UFDG.
« Ils ont trahi le peuple de Guinée », lance-t-il. Il rappelle que les premières déclarations du CNRD promettaient la fin de l’instrumentalisation de la justice, le respect des libertés et le rétablissement du fonctionnement institutionnel. « Ce discours, nous l’avons soutenu, parce qu’il correspondait à nos aspirations démocratiques », insiste-t-il.
Revenant sur les engagements proclamés par le chef de la junte au lendemain du putsch, l’ancien Premier ministre évoque un « serment », une promesse faite « devant le peuple et la plus haute juridiction du pays ». Une promesse qu’il estime aujourd’hui trahie. « Comme nous sommes honnêtes, à l’UFDG, on pense que tout le monde l’est. Mais ce n’est pas le cas », déplore-t-il.
« Où sont Foniké Mengué, Billo Bah, Marouane Camara, Sadou Nimaga ? »
Le ton devient plus grave lorsque Cellou Dalein Diallo évoque les disparitions forcées qui hantent la vie politique guinéenne depuis des mois. Foniké Mengué, Billo Bah, Marouane Camara, Sadou Nimaga… Autant de noms qu’il cite un à un, comme pour refuser l’oubli.
« Où sont-ils aujourd’hui ? Nul ne sait s’ils sont vivants. Nous avons le devoir de parler d’eux, de dénoncer l’injustice qu’ils ont subie. Ne pas le faire serait une trahison », martèle l’opposant, qui accuse la junte de s’être engagée dans une « folie liberticide ».
Il mentionne également le cas d’Aliou Bah, incarcéré et condamné à deux ans de prison. « Parce qu’il est leader politique », dit-il. Pour lui, cette situation illustre l’écart entre les promesses du début et la réalité actuelle : arrestations arbitraires, répression des manifestations, silence de la justice pour les victimes de violences.
« On doit continuer de dénoncer. Même si on se répète, il faut le faire. »
Cellou Dalein Diallo en appelle enfin à la mobilisation citoyenne pour exiger la vérité sur les disparitions et la libération immédiate de Foniké Mengué. « Ce sont des hommes de conviction. Ils doivent savoir que nous ne les oublions pas », conclut-il.
silabosoona.com


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