À Djalaman Nafadji, village natal de Sankaran Djalaman
Sèbè Mara, promoteur du N’ko et fondateur de la librairie N’ko Bènkadi, une
conférence de sensibilisation a réuni, le samedi 30 mai
2026, habitants, sages, femmes, jeunes et acteurs du N’ko autour de la
promotion de cette écriture africaine.
Organisée dans le cadre des actions de l’association
Sankaran N’ko Kèkéléndi, la rencontre visait à encourager l’apprentissage du
N’ko, à rappeler son importance dans la transmission des savoirs et à valoriser
les cultures locales du Sankaran. Les conférenciers Sory Mandénka Kaba et Fodé
Mamadi Djöndjön Keita ont notamment abordé la solidarité, l’amour de la patrie,
la connaissance de soi et le réveil culturel africain.
Pour Lamine Lananté Keita, président de Sankaran
Kèkéléndi, cette mobilisation s’inscrit dans une continuité. « Si nous avons
réuni les gens aujourd’hui, c’est pour accomplir les travaux sur le N’ko que
nous avons débutés », a-t-il déclaré. Selon lui, les satisfécits remis à
certaines personnalités visent à reconnaître publiquement leurs efforts : «
Quand on félicite un karité qui a donné de bons fruits, il en fera tomber
d’autres. »
Sankaran Djalaman Sèbè Mara, membre de l’Académie N’ko
et conseiller de l’association, a insisté sur la nécessité de transmettre cette
écriture aux générations montantes. « Le N’ko a pris de l’ampleur partout dans
le monde. C’est pour cela que nous donnons le meilleur de nous-mêmes afin que
les générations montantes en connaissent l’importance », a-t-il expliqué. Il a
également appelé chaque acteur du N’ko à agir dans sa localité d’origine : « Où
que vous soyez, quel que soit votre village d’origine, vous devez penser à
votre terre natale. »
La cérémonie a aussi été marquée par la remise de trois
distinctions symboliques. Mamady Möfin Kourouma, vice-président de Sankaran
Kèkéléndi, a expliqué que le prix Dibisö, qui signifie « torche », a été remis
à Fodé Mamadi Djöndjön Keita, pour symboliser la lumière et l’éveil des
consciences. Le prix Mourouba, ou « coupe-coupe », a été attribué à Sory
Mandénka Kaba, considéré par de nombreux acteurs du N’ko comme le père de la
révolution culturelle, pour son rôle dans l’ouverture de la voie et la lutte
contre les obstacles qui freinent cette révolution. Le prix Touloukala, ou «
stylo », a été décerné à Sèbè Mara, en reconnaissance de ses œuvres écrites et
de son engagement pour l’unité du Sankaran.
« Sory Mandénka Kaba a enlevé sa chemise pour lutter
contre l’ignorance en Afrique », a souligné Mamady Möfin Kourouma, estimant que
son combat vise à ramener les Africains vers leurs valeurs et leur identité
culturelle.
Dans son intervention, Fodé Mamadi Djöndjön Keita a
rappelé que la conférence avait pour mission d’expliquer aux populations les
valeurs anciennes du Mandé à travers le N’ko. Il a aussi donné du poids à la
demande portée par l’association auprès des sages pour l’obtention d’un espace
destiné à l’enseignement du N’ko pendant les congés. « Nous sommes venus
solliciter auprès des sages l’octroi d’un lieu dédié à l’enseignement du N’ko
», a-t-il déclaré.
Les femmes de Nafadji ont également exprimé leur
engagement. Fanta Diallo, native du village, présidente des femmes et maire, a
appelé les mères à inscrire leurs enfants à l’école N’ko. « L’éducation est
d’une importance capitale. Si nous sommes réunis ici aujourd’hui, c’est
justement grâce à l’instruction », a-t-elle affirmé.
Au-delà des discours, la conférence a été marquée par
des expressions culturelles qui ont retenu l’attention du public. Pour les
participants, ces prestations ont montré que Nafadji reste attaché à ses
valeurs et n’a pas abandonné son héritage culturel.
À travers cette initiative, Sankaran N’ko Kèkéléndi
entend poursuivre la sensibilisation autour du N’ko, tout en faisant de cette
écriture un outil de transmission, d’unité et de valorisation du patrimoine
mandingue.


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