Une jeune femme d’une vingtaine d’années, identifiée comme Makassia Traoré, est décédée après des soins reçus dans une clinique non agréée à Doko, dans la préfecture de Siguiri. Selon les premiers éléments médicaux rapportés par le docteur Abdoulaye Bassirou Condé, dit docteur ABC, il s’agirait d’une mort suspecte liée à une intoxication médicamenteuse, après l’administration présumée d’un produit présenté comme de la Novalzine.

Le drame a été signalé dans la soirée du jeudi 05 juin 2026, entre 20h et 21h, au procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, qui a ensuite saisi les services compétents. « Hier, dans les bandes de 20h-21h, j’ai été appelé par monsieur le procureur […] concernant un cas de meurtre dans une clinique », a expliqué le docteur Abdoulaye Bassirou Condé, médecin lieutenant du Haut Commandement de la Gendarmerie nationale, actuellement en appui aux urgences médico-chirurgicales de l’hôpital préfectoral de Siguiri.

D’après son récit, la victime, résidant à Tonso, se serait rendue à Doko pour recevoir des soins dans une structure sans nom apparent. Après son retour à Tonso, son état se serait brusquement dégradé, avant son admission au poste de santé local. « La dame a dit qu’elle a suivi des soins à Doko. Mais entre-temps, elle ne pouvait presque plus parler », a précisé le médecin.

Contacté par les agents de santé, le responsable de la clinique aurait reconnu avoir administré une injection de Novalzine. Pour le docteur ABC, ce produit serait au centre du drame. « Novalzine, d’abord, est un produit qui a été retiré de la liste nationale des médicaments en Guinée. Il a été dit à tout le monde de ne pas administrer ce produit, parce qu’il a des effets très toxiques sur l’organisme », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’administration de ce médicament aurait provoqué une réaction grave chez la jeune femme. « Ce produit peut provoquer une chute brutale des globules blancs. Si la personne tombe dans un tableau de choc anaphylactique et qu’il n’y a pas quelqu’un de très expérimenté à côté, elle peut trouver la mort. C’est ce qui s’est passé chez la dame », a-t-il ajouté.

La clinique mise en cause ne disposerait d’aucun agrément. « La clinique-là n’a pas d’agrément. Il n’y a même pas de nom. Donc, c’est un problème », a insisté le docteur Condé, soulignant que les autorités judiciaires mènent depuis quelque temps un travail de recensement contre les cliniques et pharmacies clandestines.

Le corps de Makassia Traoré a été remis à sa famille par le procureur. Plusieurs personnes, notamment du côté de la clinique de Doko et du poste de santé de Tonso, seraient actuellement entendues par la gendarmerie pour les besoins de l’enquête.

Pour l’heure, les responsabilités ne sont pas encore établies par la justice. Mais cette nouvelle mort relance la question des structures sanitaires clandestines et de l’usage de médicaments non autorisés, dans une zone où de nombreuses familles continuent de se tourner vers des soins de proximité, parfois au péril de leur vie.