Dans cette localité de Haute-Guinée, les habitants attendent depuis des décennies une réponse de l’État pour restaurer une route impraticable et soutenir la rénovation de leur mosquée communautaire.

À 35 kilomètres de la commune urbaine de Kankan, la sous-préfecture de Gbérédou Baranama reste enclavée. Le tronçon qui y mène, long de 35 km, est si dégradé qu’il faut près de deux heures pour le parcourir. Depuis l’indépendance, aucune réhabilitation significative n’a été engagée, selon les riverains. Seule une brève intervention du projet coton dans les années 2000 est encore mémorisée.

« Depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, aucune machine n’a gratté cette route », affirme Bintou Moussa Kourouma, chef du district de Baranama 1. Il souligne l’engagement des jeunes du coin, notamment les conducteurs de tricycles, qui, à défaut de soutien officiel, acheminent eux-mêmes des pierres pour combler les défoncements.

Adama Camara, chauffeur depuis 15 ans sur cet axe, témoigne des coûts répétitifs qu’il supporte : « Pendant l’hivernage, on travaille pour les vendeurs de pneus. J’ai changé mes pneus de 500 000 GNF à quatre reprises cette saison. »

Au-delà des difficultés d’accès, la population de Gbérédou Baranama sollicite un appui pour rénover sa mosquée principale. Vieille de 45 ans, elle a été construite par la communauté, sans financement extérieur. « Ce sont nos grands-pères, à la sueur de leur front, qui ont bâti cette mosquée. Aujourd’hui, nous lançons un appel à tous, autorités, sociétés, ONG, pour la renouveler », plaide Fanta Sékou Condé, chef de district de Baranama 4.

L’imam Elhadj Moussa Condé renchérit : « Le monde évolue, il faut plaider auprès de ceux qui ont les moyens. » Quant à Sonah Mandjan Condé, chef de district de Gbérédou Baranama 2, il s’inquiète de l’image renvoyée : « Nous avons honte de recevoir des personnalités dans cet état de délabrement. »

La double urgence routière et religieuse continue de peser sur le quotidien des habitants, qui espèrent un sursaut des autorités et un appui des bonnes volontés. Pour l’heure, leur appel reste sans écho.

Lonkassia CAMARA et Namandjan Molandy Magassouba pour silabosoona.com