Dans la cour de l’école primaire Dabadou Karamo Sidibé, centre de vote habituel des autorités administratives de Kankan, les électeurs sont appelés à se prononcer sur plusieurs bulletins : la liste nationale pour les législatives, le scrutin de circonscription et l’élection des conseils communaux.

Accompagnés notamment du gouverneur, du préfet et des responsables locaux, trois membres du gouvernement ont accompli leur devoir civique dans la matinée. Premier à s’exprimer, Mory Condé, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, a insisté sur la portée politique de cette journée.

« Aujourd’hui, le peuple de Guinée est en train de montrer une maturité démocratique », a-t-il déclaré. Le ministre a replacé le scrutin dans la continuité des précédentes consultations : le référendum constitutionnel organisé en septembre 2025, puis la présidentielle de décembre.

« Nous avons vu la mobilisation dans le calme et la sérénité des citoyens », a-t-il poursuivi, évoquant cette fois-ci un « triple scrutin » destiné à élire les députés et les conseillers communaux.

Selon Mory Condé, l’essentiel des bureaux visités disposaient du matériel électoral et du personnel nécessaire au démarrage des opérations. Il a également salué la présence des assesseurs, des représentants des candidats ainsi que le dispositif mis en place par les forces de défense et de sécurité.

Dans la commune urbaine de Kankan, les premières heures de la journée ont toutefois été marquées par une mobilisation contrastée. Des médias locaux ont signalé une affluence encore modeste et des ouvertures tardives dans certains centres. Aucun incident majeur n’était néanmoins rapporté dans la matinée.

Pour Mory Condé, l’enjeu principal reste la crédibilité du processus : « Lorsque les élections se passent bien, il n’y a pas de vaincu. Il n’y a que des vainqueurs, et ces vainqueurs, c’est l’ensemble du peuple de Guinée. »

Le ministre a enfin remercié les journalistes mobilisés sur le terrain, estimant que leur travail contribue à informer les citoyens et à renforcer la démocratie.

À ses côtés, le ministre de l’Énergie, Laye Sékou Camara, a mis l’accent sur le rôle du futur député. Dans son message, il a cherché à rapprocher l’élection législative des préoccupations quotidiennes des électeurs.

« Quand on vote, on vote pour soi-même. C’est pour faire entendre sa voix à l’Assemblée nationale », a-t-il expliqué. Selon lui, choisir un député revient à désigner un représentant capable de défendre les intérêts de sa préfecture et de porter les difficultés des populations devant la représentation nationale.

« Quand il y a un projet, c’est à l’Assemblée nationale qu’on en discute. Quand il y a une loi, c’est à l’Assemblée nationale que cela se discute. Il est donc important que nous soyons autour de la table », a-t-il ajouté.

Son appel rejoint celui de Mory Condé sur un point central : la participation ne doit pas se faire au détriment de la paix. « Sans la paix, on ne peut rien construire. Nous avons besoin de construire notre pays », a insisté Laye Sékou Camara.

Le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a prolongé ce message en soulignant la responsabilité individuelle des électeurs. À sa sortie du bureau de vote, il a dit éprouver un sentiment de « satisfaction, de responsabilité et de redevabilité ».

« Aucun pays ne peut se développer sans mettre en place toutes les institutions républicaines », a-t-il estimé. Pour lui, ces élections doivent contribuer à renforcer l’État de droit, le respect des lois et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Dans une intervention au ton plus solennel, Elhadj Karamo Diawara a appelé les Guinéens à participer au scrutin « dans le calme, la paix, la compréhension et l’acceptation de l’autre dans la différence ». Il a également formulé des prières pour la stabilité sociale, économique et politique du pays.

Les élections de ce dimanche interviennent huit mois après l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum et cinq mois après l’élection présidentielle remportée par Mamadi Doumbouya. Investi président de la République le 17 janvier 2026, l’ancien chef de la transition avait pris le pouvoir à la suite du coup d’État du 5 septembre 2021 contre Alpha Condé.

Les législatives et les communales constituent ainsi une nouvelle étape majeure du retour à un fonctionnement institutionnel complet. Leur portée ne dépendra pas uniquement du déroulement des opérations de vote, mais également de la transparence du dépouillement, de la publication des résultats et de leur acceptation par les différents acteurs.

À Kankan, les trois ministres ont livré un message convergent : participer au scrutin, préserver le calme et faire du rendez-vous électoral un moment de consolidation des institutions républicaines.