La profanation d’une tombe, l’année dernière, a été celle de trop. Dans le quartier Bordo-SOS, à Kankan, le cimetière communal était depuis longtemps laissé sans véritable protection. Les habitants y dénoncent des dépôts sauvages d’ordures et des intrusions répétées.

« Ils sont venus déterrer le corps d’un de nos parents les plus âgés. Cela nous a vraiment touchés », témoigne Moussa Traoré, chef de quartier adjoint et président de la commission chargée des travaux. À quelques mètres des tombes, la présence d’un bar suscite également l’indignation. « Notre cimetière fait face à un bar », déplore-t-il.

Pour mettre fin à cette situation, les autorités locales, les sages et les jeunes du quartier ont décidé de construire une clôture. La première pierre a été posée lors d’une cérémonie organisée à Bordo-SOS.

Faute de financement public, le chantier repose pour l’instant sur les contributions des habitants. « Nous avons décidé de lancer la réalisation de cette clôture sur fonds propres. Nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais nous comptons sur la solidarité des bonnes volontés », explique Kabinet Souaré, chef du quartier.

Les responsables communautaires lancent un appel aux ressortissants de Bordo-SOS vivant ailleurs, ainsi qu’aux donateurs, pour achever les travaux.

Les jeunes du quartier se sont engagés à participer au chantier, mais aussi à l’entretien du cimetière une fois la clôture terminée.

« Cette dernière demeure de tous était devenue un endroit où de nombreux actes regrettables étaient constatés », affirme Ibrahima Condé, représentant de la jeunesse. « Nous nous engageons à contribuer à l’entretien et à la propreté de ce lieu, qui constitue notre patrimoine commun. »

À Bordo-SOS, le projet reste encore à financer entièrement. Mais pour les habitants, l’urgence ne fait plus débat : préserver ce cimetière, c’est garantir aux défunts le respect qui leur est dû.