Le Tribunal de première instance de Kankan a
rendu, ce vendredi 31 juillet 2026, son verdict dans une affaire aussi
dramatique que sensible. Poursuivie pour l’assassinat d’Ousmane Diané, une
adolescente, âgée de 13 ans au moment des faits, a été condamnée à deux ans
d’emprisonnement.
Le procès s’était ouvert le lundi 27 juillet.
Devant le tribunal, la jeune accusée a expliqué qu’elle avait été contrainte
d’épouser la victime malgré son opposition.
À la barre, l’adolescente est revenue sur les
circonstances du drame survenu en 2024, dans un district relevant de la
sous-préfecture de Batè Nafadji.
« Je n’étais pas d’accord avec le mariage avec
l’homme que mes parents m’avaient donné. J’avais 13 ans en 2024. C’était un mariage
forcé. J’ai passé onze jours dans son foyer. C’est ainsi que j’ai acheté un
couteau et je l’ai poignardé au ventre pendant qu’il dormait. Mon intention
était de lui faire peur afin qu’il renonce au mariage », a-t-elle déclaré.
La jeune fille a affirmé avoir exprimé son
refus auprès de ses parents ainsi que de la famille de l’homme qui lui avait
été présenté comme son mari, sans parvenir à empêcher l’union. Elle a également
déclaré avoir subi des violences physiques et sexuelles durant les onze jours passés
dans le foyer. Ces allégations ont été évoquées au cours de la procédure.
En larmes devant le tribunal, elle a demandé
pardon :
« Je suis vraiment désolée et je demande
pardon à tout le monde. Que le tribunal me pardonne. »
Un proche de la famille, présenté comme
l’oncle de l’accusée, a révélé au tribunal que ce mariage aurait été promis
depuis la naissance de la jeune fille.
Selon son témoignage, après le décès du frère
jumeau de l’enfant à la naissance, la famille aurait promis de la donner en
mariage à Ousmane Diané lorsqu’elle atteindrait l’âge de se marier.
« Quand la fille a grandi, elle s’est opposée
au mariage. Dans notre village, beaucoup de jeunes filles sont données en mariage
forcé. Parfois, elles finissent par s’entendre avec leur mari, mais parfois,
c’est le contraire, comme dans cette affaire », a-t-il expliqué.
Après examen du dossier, le tribunal a reconnu
la mineure coupable et l’a condamnée à deux ans d’emprisonnement. La
juridiction a notamment tenu compte de son très jeune âge au moment des faits
et des circonstances atténuantes présentées durant le procès.
Le substitut du procureur de la République
près le Tribunal de première instance de Kankan, Mamadi 2 Kébé, a expliqué les
fondements de cette décision :
« Aujourd’hui, c’était le délibéré concernant
la mineure poursuivie pour les faits d’assassinat. Elle a été condamnée à deux
ans d’emprisonnement. Compte tenu de son âge au moment des faits, elle n’avait
que 13 ans. Le tribunal a retenu plusieurs circonstances atténuantes, notamment
l’excuse de minorité, ce qui a conduit à cette peine de deux ans », a-t-il
déclaré.
Ce verdict clôt une procédure judiciaire
particulièrement sensible, tout en relançant le débat sur les mariages forcés,
les violences faites aux jeunes filles et la protection des droits de l’enfant
en Guinée.


Aucun commentaire pour le moment.