À Kankan, deuxième ville de Guinée, la délégation spéciale en charge de la commune est pointée du doigt pour son manque d’actions concrètes. Après plus de 14 mois aux commandes, les critiques se multiplient, notamment sur l’absence de priorités claires, de transparence et de communication avec la population.

Selon l’écrivain et spécialiste en santé publique, Dr. Karamo Kaba, diriger une commune exige « des sacrifices, un sens aigu des responsabilités, de la lucidité et surtout de la modestie ». Il rappelle qu’en management, assumer une fonction régalienne repose sur trois piliers : savoir, vouloir et pouvoir. En sociologie comme en médecine, la prévention reste la clé pour éviter les crises.

Pourtant, constate-t-il, la délégation actuelle n’a présenté aucun bilan de gestion depuis son installation et n’a pas su mobiliser les ressources financières ou matérielles nécessaires pour impulser un véritable changement. « Les jeunes de Kankan sont témoins de la passivité et de l’immobilisme rocambolesque de leur mairie », déplore-t-il.

Le manque de communication officielle est également dénoncé : la dernière publication de la mairie sur Facebook remonte au 23 juin 2025, et la page ne compte même pas 800 abonnés. Un chiffre jugé « sidérant » pour une ville d’une telle importance.

Dr. Kaba estime que si la gouvernance de la transition repose sur les résultats, le président Mamadi Doumbouya devrait intervenir pour redynamiser la commune, en confiant les rênes à des jeunes compétents et innovants. Il souligne que la quasi-totalité des initiatives d’ampleur dans la ville, comme la récupération des domaines de l’État, sont pilotées directement par le ministère de l’Urbanisme, laissant la mairie sans véritable empreinte dans le développement local.

En conclusion, il plaide pour un sursaut collectif afin d’éviter la personnalisation excessive de l’administration et replacer Kankan sur la voie du développement durable.

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