À quelques kilomètres de Kankan, dans la sous-préfecture de Balandou, des riverains accusent des installations de chantier d’avoir perturbé l’écoulement d’une rivière, provoquant des risques accrus et des pertes humaines. L’entreprise concernée parle d’un dispositif temporaire en cours de retrait, sur fond de tensions persistantes.

À Sanfina, une localité située dans la sous-préfecture de Balandou, préfecture de Kankan, la colère monte chez les habitants. Ce lundi, dès les premières heures de la matinée, des femmes venues de plusieurs villages, dont Kotèrö et Kassa, se sont rassemblées sur un site qu’elles jugent dangereux.

Au cœur de la contestation, trois conteneurs installés par Guiter Groupe, accusés de bloquer le passage naturel de l’eau et de provoquer sa stagnation. Une situation que les riverains disent subir depuis plusieurs années.

« Nous sommes à bout. Cela fait près de dix ans que cette situation dure. Neuf personnes ont déjà perdu la vie dans ces eaux, parmi lesquelles des pères de famille. Avant ces travaux, on n’enregistrait pas de cas de noyade ici », témoigne une habitante rencontrée sur place.

Pour les manifestantes, la transformation de la rivière en zone d’eau stagnante a profondément modifié leur quotidien. Les activités domestiques, comme la lessive, sont devenues risquées.

« Aller faire la lessive est devenu dangereux. Les crocodiles poursuivent même les habitants dans l’eau. Cela n’existait pas avant », affirme une autre riveraine, évoquant également la présence accrue de serpents et d’autres animaux.

Les populations disent avoir alerté à plusieurs reprises les responsables du chantier. Elles affirment que des promesses avaient été faites, notamment celle de rétablir le passage de l’eau après les travaux.

« Ils nous avaient promis d’ouvrir la voie après les travaux. Nous les avons suppliés, mais rien n’a été fait. Aujourd’hui, les travaux sont arrêtés et la situation reste inchangée », déplorent-elles.

Face à ce qu’elles considèrent comme une absence de réponse concrète, les manifestantes assurent qu’elles maintiendront la pression tant qu’une solution ne sera pas visible sur le terrain. « Si rien n’est fait immédiatement, nous ne quitterons pas les lieux », préviennent-elles.

De son côté, Guiter Groupe rejette toute intention de blocage. Joint à son bureau à la base de Guiter, Ansoumane Kaba, responsable des opérations par intérim, évoque une incompréhension autour d’un aménagement provisoire.

« La zone évoquée était une déviation installée avant la fin des travaux de la chaussée. Les usagers empruntaient ce passage aménagé à l’aide de conteneurs », explique-t-il.

Selon lui, ces installations étaient temporaires et leur retrait est déjà en cours. « Aujourd’hui, le pont est achevé. Un porte-char est en route avec un excavateur pour entamer les travaux d’enlèvement », précise-t-il.

Dans ce climat tendu, les habitants de Sanfina et des villages voisins appellent les autorités à intervenir rapidement, afin d’éviter de nouveaux drames et de restaurer la confiance entre les communautés et l’entreprise.