Un drame bouleversant s’est produit dans la soirée du samedi 23 mai 2026 à Kissidougou. Un nourrisson âgé de seulement sept jours a été retrouvé mort dans une latrine familiale, après avoir été signalé disparu quelques heures plus tôt par sa mère.

Selon le témoignage de la mère, Sarata Keïra, résidente du quartier Yassafèkoura, les faits se sont déroulés peu après la prière du crépuscule, alors qu’une pluie s’abattait sur la localité.

« Je me suis levée pour aller coucher mon bébé dans la chambre. Ensuite, je suis ressortie parce que je tressais la tête d’une petite fille », raconte-t-elle. Pendant son absence, un enfant du propriétaire de la maison serait entré à deux reprises dans la chambre où reposait le nourrisson.

Quelques minutes plus tard, inquiète, elle envoie son fils apporter une torche à son frère resté dans la chambre. « Mon enfant est revenu me dire que son petit frère n’était pas dans la chambre », explique-t-elle, encore sous le choc. Elle se rend immédiatement sur place, sans succès. « Je n’ai pas trouvé mon bébé. »

Alertée, la famille entame des recherches avec l’appui des autorités de quartier. Deux premiers responsables locaux participent aux fouilles, en vain. Ce n’est qu’à l’arrivée d’un troisième notable que le corps du nourrisson est finalement localisé dans les toilettes.

Le chef du quartier Yassafèkoura, Bérété Karinkan, confirme avoir été informé en pleine soirée. « Mon chef secteur m’a appelé pour me dire qu’un nourrisson était porté disparu et qu’aucune trace n’était retrouvée », explique-t-il.

Immédiatement, les services de sécurité sont alertés, notamment la police, la gendarmerie et les autorités judiciaires. « Après ma prière, j’ai informé la sécurité et ma hiérarchie », précise-t-il. Une équipe de la police urbaine se rend rapidement sur les lieux pour mener les premières investigations.

Dans un premier temps, aucune trace de l’enfant n’est retrouvée. Mais l’arrivée d’une unité de la BAC change le cours des recherches. « L’un d’eux a éclairé à l’intérieur de la latrine avec une torche et a identifié un corps », relate le chef de quartier.

Le corps du nourrisson est alors extrait avec difficulté, à l’aide de barres de fer improvisées en crochets. « Quand ils ont remonté, l’enfant était partiellement sous l’eau », décrit-il. Les volontaires de la Croix-Rouge, présents sur place, prennent ensuite le relais pour manipuler le corps dans des conditions sécurisées.

« L’enfant était couvert d’insectes. Ils ont procédé à son nettoyage avant son évacuation », ajoute-t-il. Une ambulance dépêchée sur les lieux transporte le corps à l’hôpital, où il est déposé à la morgue.

La victime est une fillette.

Selon les autorités locales, les circonstances de ce décès restent pour l’heure inexpliquées. « Comment l’enfant s’est retrouvé dans la latrine depuis la chambre, c’est horrible et incompréhensible », s’interroge Bérété Karinkan.

Une enquête judiciaire a été ouverte et se poursuit activement. Les membres de la famille ont été entendus par les services de sécurité. « Nous n’avons pas encore pu situer les responsabilités », reconnaît le chef de quartier, précisant que les investigations se sont poursuivies jusqu’à minuit.

Le procureur s’est également rendu sur place dans la journée du dimanche pour constater les faits et ordonner un examen du corps afin de déterminer les causes exactes du décès.

Sur le plan humain, la mère du nourrisson, profondément affectée, a été hospitalisée. « Elle a passé la nuit dans de mauvaises conditions. Elle ne se sentait plus bien », indique le responsable local. Une ordonnance de 320 000 francs guinéens a été établie pour sa prise en charge, déjà réglée par la famille.

Alors que l’émotion reste vive dans le quartier, les habitants attendent désormais des réponses sur les circonstances de ce drame qui soulève de nombreuses interrogations.