Réuni ce lundi 15 décembre 2025 à Kouroussa, le Mouvement Guinée Kanountéya a tenu une déclaration publique consacrée à la place des langues nationales dans la construction de l’État guinéen. L’organisation citoyenne y a salué une reconnaissance constitutionnelle jugée historique et a officiellement annoncé son soutien au président Mamadi Doumbouya, appelant les militants linguistiques à une mobilisation massive en vue de l’élection présidentielle du 28 décembre.
La déclaration s’est tenue à la bibliothèque «Camara Laye, L’Enfant noir», à Kouroussa. Le texte a été lu par le vice-président du mouvement, Mamadi Djöndjön Keïta, devant des membres venus de Dabola, Siguiri, Mandiana, Conakry et Kankan, siège du mouvement. Des personnalités religieuses et culturelles, dont le grand imam N’ko Nafo Ismaël Diaby, ont également pris part à la rencontre.
Au cœur de la prise de parole figure la reconnaissance officielle des langues nationales dans la Constitution guinéenne. Le mouvement y voit une rupture historique avec les politiques linguistiques du passé. « Pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, les langues nationales ont été officiellement reconnues dans la Constitution de la République de Guinée », rappelle la déclaration, qui insiste sur le caractère inédit et irréversible de cette avancée.
Selon Guinée Kanountéya, cette reconnaissance dépasse largement le cadre symbolique. Elle engage l’avenir éducatif, social et culturel du pays. « Une langue n’est pas seulement un moyen de communication. Elle est aussi une identité, une mémoire, un outil de développement, une arme contre l’ignorance et un rempart contre la domination culturelle », peut-on lire dans le texte, dans un passage longuement applaudi par l’assistance.
Le mouvement souligne toutefois que le défi est désormais pratique. Il estime que les langues nationales ne doivent pas rester confinées aux textes juridiques, mais trouver leur place dans les écoles, l’administration, les médias, l’économie et la gouvernance locale. Cette conviction fonde, selon ses responsables, le choix politique annoncé à Kouroussa.
C’est dans ce contexte que le Mouvement Guinée Kanountéya a déclaré officiellement son soutien au président Mamadi Doumbouya, candidat indépendant à l’élection présidentielle du 28 décembre. La déclaration assume clairement cette position : « Nous vous avons choisi pour la cause des langues nationales. Nous vous avons choisi pour la continuité de cette réforme historique. Nous vous avons choisi afin que l’œuvre commencée ne soit pas interrompue, comme ce fut malheureusement le cas lors du premier régime de la République. »
Le texte insiste sur la nécessité d’une continuité politique pour garantir la survie des grandes réformes culturelles. « L’histoire nous a appris une chose essentielle : les grandes réformes culturelles meurent lorsqu’elles manquent de continuité politique », souligne encore le mouvement, qui dit fonder son adhésion sur une « conviction » et non sur des intérêts matériels.
Dans un ton plus mobilisateur, proche du discours radiophonique, Guinée Kanountéya appelle l’ensemble des militants et acteurs engagés dans la promotion des langues nationales à se rassembler autour de cette candidature. L’objectif affiché est une victoire dès le premier tour, qualifiée de « coup K.O ». « Nous prenons l’engagement formel de soutenir la candidature du Président Mamadi Doumbouya par tous les moyens légaux, civiques et démocratiques, afin de contribuer activement à sa victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre », affirme la déclaration, dans un passage central.
Le mouvement annonce également son intention de mobiliser sur toute l’étendue du territoire, de sensibiliser les citoyens et de défendre l’action menée en faveur des langues nationales. Il met en garde contre les tentatives de manipulation politique autour de la question linguistique et se donne pour mission « d’éclairer, d’éduquer, d’unir et de protéger le peuple ».
Pour Guinée Kanountéya, l’officialisation des langues nationales constitue désormais un enjeu de souveraineté culturelle et de cohésion sociale. « Un peuple qui ignore sa langue est un peuple vulnérable à toutes les manipulations », rappelle la déclaration, résumant la philosophie du mouvement.
À Kouroussa, ce 15 décembre, la prise de position du Mouvement Guinée Kanountéya inscrit la question des langues nationales au cœur du débat électoral, en la présentant comme un levier central de l’unité nationale et du développement.
Lonkassia CAMARA et Sitan KABA pour silabosoona.com


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