L’ancien chef du gouvernement malien, Moussa Mara, a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi 1er août 2025, à la suite d’une série d’auditions menées par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Cette mesure fait suite à la diffusion d’un message critique sur le réseau social X, dans lequel il remettait en cause une opération de levée de fonds engagée par l’État.
Dans cette publication datée du 29 juillet 2025, Moussa Mara dénonçait un « endettement intérieur masqué » dans le cadre de l’appel public à l’épargne initié par les autorités de transition. Ce message, très partagé en ligne, a conduit à l’ouverture d’une enquête par les autorités judiciaires, en vertu de la loi n°2019-056 du 5 décembre 2019 relative à la répression de la cybercriminalité.
Déjà convoqué à plusieurs reprises en juillet, notamment par la Brigade d’investigations judiciaires et le parquet de la Commune IV, Moussa Mara avait été interrogé dans un premier temps pour avoir qualifié certains détenus – parmi lesquels Ras Bath, Rose « La Vie Chère », Clément Dembélé, Issa Kaou N’Djim et l’imam Bandiougou – de « détenus d’opinion », après leur avoir rendu visite. La justice cherchait alors à vérifier la régularité de ces visites.
Le 21 juillet, une interdiction de quitter le territoire avait été imposée à l’ex-Premier ministre. Selon plusieurs sources concordantes, la procédure ayant conduit à son placement sous mandat de dépôt est directement liée à sa dernière publication en ligne concernant la gestion financière de l’État.
Jusqu’à présent, aucune inculpation officielle n’a été communiquée, et le parquet reste silencieux sur les chefs d’accusation retenus ou la durée de la détention provisoire. Les avocats de Moussa Mara, de leur côté, ne se sont pas encore exprimés publiquement.
Ancien maire de la Commune IV de Bamako et ancien député, Moussa Mara avait dirigé le gouvernement malien d’avril 2014 à janvier 2015.


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