Le lundi 27 octobre 2025, le Centre de traitement des passeports de Bamako a été le théâtre d’un tournant administratif majeur pour le Mali. Sous la présidence du général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le pays a officiellement lancé son nouveau passeport biométrique estampillé E-AES, signal fort d’une volonté de modernisation et d’émancipation technologique.
Ce nouveau titre de voyage, conforme aux standards de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), intègre une puce électronique contenant les empreintes digitales et la photographie du détenteur. Il est doté de mécanismes de sécurité de pointe destinés à prévenir la fraude et la contrefaçon, deux préoccupations majeures dans un contexte régional marqué par les tensions sécuritaires et les trafics d’identité.
Les anciens passeports resteront valides jusqu’à leur expiration, mais toutes les nouvelles demandes seront désormais émises au format E-AES.
Au-delà de la technologie, le choix du partenaire technique incarne un changement de cap diplomatique. La société française Idemia, qui gérait jusque-là la production des documents d’identité maliens, a été écartée au profit du groupe chinois Emptech (Emperor Technology Co., Ltd), basé à Shenzhen et spécialisé dans les systèmes d’identité électronique. Un glissement stratégique que le gouvernement assume pleinement, dans une dynamique assumée de « souveraineté retrouvée ».
« Cette innovation vise à renforcer la sécurité des déplacements internationaux et à simplifier les démarches administratives pour les citoyens maliens », a déclaré le ministre Daoud Aly Mohammedine. De son côté, Souleymane Traoré, directeur général de Secupass Mali – partenaire local du projet –, assure que « le nouveau système respecte pleinement les standards internationaux de sécurité ».
Sur le terrain, les premiers bénéficiaires du passeport biométrique à Bamako ont salué la rapidité du processus et la qualité du service. Une modernisation concrète, visible dès les premiers jours de sa mise en œuvre.
Mais au-delà des aspects techniques, ce nouveau passeport porte un autre message : celui de l’intégration régionale. En arborant la mention E-AES, il devient le symbole administratif de la Confédération des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), un espace politique et sécuritaire en gestation, né dans le sillage des bouleversements géopolitiques récents.
Pour le contrôleur général de police Cheick Keïta, directeur de la Police aux frontières, il s’agit là d’« une avancée majeure vers la souveraineté retrouvée du Mali ». Un sentiment partagé au sein des autorités, qui voient dans ce document une étape vers un contrôle plus autonome des flux migratoires et une gestion maîtrisée des données personnelles.
La Direction générale de la Police nationale a précisé que les modalités de dépôt de dossiers et la liste des pièces à fournir pour l’obtention du passeport seront publiées dans les jours à venir.
silabosoona.com


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