Une vidéo virale présentant un stade suspendu dans les airs à Neom enflamme les réseaux, mais son origine artificielle relance les doutes autour d’un projet aussi ambitieux que controversé.
Depuis quelques jours, une vidéo spectaculaire tourne sur les réseaux sociaux : un stade suspendu à 350 mètres du sol, intégré au sein de la ville futuriste « The Line », prévue dans le désert du nord-ouest de l’Arabie saoudite. Cette vision vertigineuse est liée à la Coupe du monde 2034, que le royaume hébergera. Mais derrière l’esthétique, une réalité plus floue émerge : la vidéo, massivement relayée, n’est pas une communication officielle. Elle a été générée par intelligence artificielle, comme l’a reconnu son auteur, « Artology », sur la plateforme X (ex-Twitter).
Ce n’est pas la première fois que le projet de stade Neom attire l’attention. En mars dernier, Denis Hickey, directeur du développement de Neom, présentait un stade intégré directement dans les parois verticales de « The Line », un concept urbain de 170 km de long. Si la taille de la ville a depuis été revue à la baisse, le projet du stade suspendu reste officiellement porté, avec une capacité de 46 000 places et une livraison prévue pour 2032.
Mais les interrogations persistent. La gestion logistique d’un tel équipement, perché à une hauteur inhabituelle, soulève des doutes : accès, sécurité, évacuation, flux des spectateurs, sans parler des délais. La construction est censée débuter en 2027. Pour l’heure, seul un site officiel promeut encore le projet, sans visuel comparable à celui d’ »Artology ».
Au-delà de l’architecture, c’est aussi le projet politique de Mohammed ben Salmane qui se dessine. Le prince héritier a investi près de 500 milliards d’euros dans « Vision 2030 », stratégie de diversification économique du royaume. NEOM, au cœur de cette ambition, doit incarner la vitrine de cette mutation, à travers la technologie, l’écologie, mais aussi le sport.
Le club Neom SC, acquis par l’État en 2023, en est un outil. Entraîné par Christophe Galtier, il commence à attirer des joueurs européens comme Alexandre Lacazette, Abdoulaye Doucouré ou encore le jeune Nathan Zézé. Pour l’instant, l’équipe évolue dans un modeste stade de 12 000 places à Tabuk, à 150 km de « The Line », et se classe 8e de la Saudi Pro League dominée par Al-Nassr de Cristiano Ronaldo.
Le stade suspendu incarne ainsi autant une promesse architecturale qu’une opération de communication. Reste à savoir si cette audace verra le jour ou restera dans les limbes de l’intelligence artificielle.
silabosoona.com


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