Pour Mory Camara Djonmassinilon, écrire n’est ni une occupation passagère ni un simple choix professionnel. Il présente cette activité comme une mission à laquelle il consacre l’essentiel de son temps.

« Dieu nous a créés pour écrire, rien que pour cela », a-t-il déclaré.

L’écrivain affirme éprouver un profond malaise lorsqu’une journée s’écoule sans qu’il ne travaille sur un texte.

« Passer une journée sans écrire est pour nous comme recevoir la nouvelle du décès d’une mère. Le choc est le même », a-t-il expliqué. Une manière d’illustrer la place centrale qu’occupe l’écriture dans sa vie quotidienne.

En huit années d’activité, le professeur dit avoir dépassé la barre des 200 ouvrages. Un bilan qu’il refuse cependant de présenter comme un aboutissement.

« Il est vrai que nous avons écrit plus de 200 livres, mais cela n’est encore rien. Nous ne sommes même pas arrivés à la moitié », soutient-il.

Son œuvre couvre différents domaines et comprend aussi bien des créations personnelles que des traductions. Certains de ses ouvrages atteignent plusieurs centaines, voire plus d’un millier de pages, témoignant de l’ampleur du travail de recherche, de rédaction et de mise à disposition des connaissances en N’ko.

Cette production abondante suscite cependant des critiques. Certaines personnes estiment qu’une partie importante des titres publiés par l’auteur serait constituée de traductions et ne pourrait donc pas être considérée comme une œuvre entièrement personnelle.

Mory Camara Djonmassinilon rejette cette lecture. Selon lui, traduire un ouvrage exige une maîtrise approfondie du sujet, de la langue d’origine et de la langue dans laquelle le contenu est transmis.

« On ne peut pas traduire quelque chose sans maîtrise et sans connaissance », a-t-il répondu.

Il reconnaît ouvertement que son catalogue contient différentes catégories de publications.

« Parmi les 200 livres que j’ai eu la chance d’écrire, il y en a que j’ai traduits et d’autres que j’ai écrits moi-même », précise-t-il.

Pour l’auteur, la traduction ne doit donc pas être perçue comme un travail secondaire. Elle participe à la transmission des connaissances à des lecteurs qui n’ont pas toujours accès aux ouvrages rédigés dans d’autres langues. Elle contribue également à enrichir le vocabulaire scientifique, religieux, historique et culturel disponible en N’ko.

« On ne peut rien écrire si on ne connaît pas déjà la chose », insiste le professeur, qui affirme assumer l’ensemble des travaux publiés sous son nom.

Au-delà du nombre de livres produits, son parcours met en évidence un engagement durable en faveur de l’étude et de la diffusion du savoir. Malgré les critiques, Mory Camara Djonmassinilon entend poursuivre son travail, convaincu que son œuvre est encore loin d’être achevée.