Face à la recrudescence des attaques jihadistes et aux tensions logistiques, le Mali, le Burkina Faso et le Niger renforcent leur coopération militaire en hâtant la création d’une armée conjointe.
À Niamey, les ministres de la Défense du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont franchi une nouvelle étape vers l’activation de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES). Réunis autour du président nigérien Abdourahamane Tiani, ils ont convenu d’accélérer la mise en place de cette force régionale, censée répondre collectivement aux défis sécuritaires qui minent la zone.
Cette réunion s’inscrit dans la continuité des travaux entamés le 19 octobre, toujours à Niamey, par les chefs d’état-major des trois pays — Moussa Diallo pour le Burkina Faso, Oumar Diarra pour le Mali et Moussa Salaou Barmou pour le Niger. À cette occasion, les bases opérationnelles de la future armée commune avaient été posées : structuration du commandement, mécanismes de coordination et mutualisation du renseignement.
La rencontre du vendredi 8 novembre a réuni Sadio Camara (Mali), Célestin Simporé (Burkina Faso) et Salifou Mody (Niger), dans un climat régional particulièrement tendu. Le Mali est actuellement confronté à une crise aiguë d’approvisionnement en carburant, conséquence directe des attaques contre les convois de ravitaillement et de l’embargo imposé par le groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) à plusieurs localités. Le Burkina Faso et le Niger, quant à eux, subissent également une pression constante des groupes affiliés au JNIM et à l’État islamique au Sahel.
La mise en œuvre rapide de cette force conjointe incarne la volonté des dirigeants de l’AES de s’affranchir des dispositifs sécuritaires extérieurs, au profit d’une réponse régionale autonome et coordonnée. Une démarche stratégique dans un espace sahélien en quête de stabilité.
silabosoona.com


Aucun commentaire pour le moment.