Un an après la disparition du journaliste Abib Marouane, l’acteur politique Mamadi Foulata Camara s’indigne du silence des autorités guinéennes. Il appelle à la justice et à la responsabilité de l’État.

Ce 3 décembre 2025, cela fait un an jour pour jour que le journaliste Abib Marouane a été enlevé à Kipé, alors qu’il partait à un rendez-vous avec l’opérateur économique Karfala Personne Camara (KPC). Interrogé par notre correspondant à Siguiri, l’acteur politique Mamadi Foulata Camara a vivement critiqué l’absence de communication et d’action de l’État sur cette affaire.

« La disparition du journaliste Abib Marouane Camara m’intrigue à plus d’un titre, ça ne nous donne pas l’espoir dans un État comme le nôtre. Abib Marouane est enlevé cela fait un an, ni sa famille ni ses proches, aucun n’a ses nouvelles, l’État garde le silence sur cette affaire. Pourtant le 5 septembre 2021, ils ont justifié leur coup d’État par le mépris de la justice. Mais hélas, ces engagements ne sont plus respectés aujourd’hui. C’est pourquoi on ne peut plus croire aux nouveaux engagements de cet État, parce que les premiers ne sont pas respectés. Imaginez un père de famille disparaît comme ça, mettez-vous à la place de sa famille, sa femme et ses enfants. C’est vraiment triste et ça ne nous rassure pas dans ce pays. »

« Regardez tous les autres qui ont disparu, comme Foniké Mankè, Bilo Bah, Nimagan. Ce n’est pas un bon nom pour le pays, ce n’est pas un bon nom pour le président. Tous ceux qui soutiennent Mamadi aujourd’hui sur cet élan, c’est à cause des postes ou des intérêts personnels. Le jour qu’il ne sera pas au pouvoir, ils vont l’abandonner et mettre tout sur lui seul. Si nous voulons que notre pays se développe, il faut qu’on accepte la contradiction. Une pensée unique ne construit jamais un pays. »

Ibrahima Faraba Camara, depuis Siguiri pour silabosoona.com