Une vive tension a éclaté à Siguiri après l’arrestation d’Aly Thiam, leader des jeunes patriotes engagés contre la destruction de l’environnement. La nuit a été marquée par des scènes de panique, un décès et un blessé grave.

C’est une manifestation spontanée qui s’est éclatée dans la nuit du samedi 29 novembre au dimanche 30 novembre 2025, contre l’arrestation du leader des jeunes patriotes qui lutte contre la destruction de l’environnement, notamment le travail des machines « poclins » dans les mines artisanales. Selon nos informations, Aly Thiam, leader des jeunes patriotes, a été arrêté le soir du samedi 29 novembre 2025 vers 18 h dans un parc automobile du quartier Énergie par les forces de l’ordre, ce qui a irrité le mécontentement des jeunes qui ont brûlé des pneus sur la route.

Sur son lit de traitement au service des urgences de l’hôpital préfectoral de Siguiri, madame Aminata Milimono, enseignante à l’école primaire Bolibana, nous explique sa mésaventure.
« Nous étions sorties pour la salutation. Arrivées à Forêt Gare, les gendarmes lançaient des gaz lacrymogènes. Nous sommes rentrées dans une cour pour laver nos visages, on est restées là-bas pour un moment. Après leur passage, j’ai dit au motard de m’accompagner à la maison au niveau de Forêt Gare, juste à côté de la pharmacie Magna. Le pick-up blindé des gendarmes est venu à toute pompe, ils nous ont tapés et m’ont projetée sur mon côté droit. Après, ils nous ont laissés à terre pour partir. Ce sont les jeunes de Forêt Gare qui sont venus me prendre pour m’envoyer à l’hôpital », a-t-elle expliqué avec difficulté.

Selon les médecins, elle a une grande plaie au niveau du genou droit et de fortes contusions du côté droit.

Un témoin interrogé sous couvert d’anonymat affirme qu’il y a eu la mort d’un jeune, tombé d’un camion sous l’effet des gaz lacrymogènes.
« Nous, on était à Forêt Gare. Les gendarmes sont venus casser les vitres d’une voiture et persécuter un taximètre et sa passagère. On a transporté cette femme à l’hôpital. Après là-bas, ils (les gendarmes) sont partis vers Siguirikoro. Au niveau du carrefour Cissela, ils ont lancé des gaz lacrymogènes partout. Cela a coïncidé avec l’arrivée d’un camion qui quittait le marché hebdomadaire. Un jeune est tombé du camion sous l’effet du gaz lacrymogène et a trouvé la mort sur place. On a encore transporté ce corps avec la Croix-Rouge à la morgue de l’hôpital préfectoral de Siguiri », a-t-il témoigné.

Au moment où nous quittions les lieux, vers 01 h du matin, les jeunes continuaient de brûler des pneus sur la route.

Ibrahima Faraba CAMARA, depuis Siguiri pour silabosoona.com