En visite à Siguiri ce 2 décembre, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a dénoncé avec virulence la dégradation environnementale causée par l’exploitation minière. Un déplacement qui se voulait discret mais qui a viré à l’indignation ouverte.

Dr Morissanda Kouyaté n’a pas mâché ses mots. Envoyé par le président de la République pour constater les impacts des travaux miniers, le ministre s’est rendu personnellement sur plusieurs sites fortement dégradés par des machines excavatrices. En colère, téléphone en main pour filmer les dégâts, il a tenu un discours sans détour.

Un site minier fortement dégradé avec des excavations, de la boue et des personnes travaillant dans la zone.

« Si je n’étais pas venu moi-même, il ne saurait jamais ce qui se passe ici. Dès qu’on donne 200 millions à quelqu’un, il court raconter le contraire. Je suis certain que le président ne connaît pas cette réalité. Moi, je ne suis pas venu de moi-même, j’ai été envoyé par lui. Je ne veux ni argent, ni faveur. Parce que vous avez cette habitude : corrompre ceux qui viennent pour contrôler afin qu’ils falsifient la réalité. Mais avec moi, ça ne marchera pas. Je lui dirai toute la vérité qu’on lui cache. Ça, c’est un crime contre l’environnement ! », a-t-il lancé, coupant court à toute tentative d’explication.

Cette réaction intervient au lendemain d’une rencontre avec les sages et les jeunes de Siguiri, dans un climat déjà tendu autour de l’exploitation artisanale et industrielle de l’or, accusée de ravager les terres, les eaux et les forêts de la région.

Face à des populations désabusées, la parole forte du ministre semble marquer un tournant. Il reste maintenant à savoir si cette colère filmée sur le terrain se traduira en décisions concrètes à Conakry.

Ibrahima Faraba Camara, pour silabosoona.com