À Siguiri, la régulation des machines d’exploitation dans les mines artisanales revient au centre du débat. Réunis vendredi 13 février 2026 au bloc administratif de la préfecture, les autorités locales ont été formellement appelées à faire appliquer les textes encadrant l’utilisation des engins de type « poclain », accusés d’accélérer la dégradation environnementale.

La rencontre était présidée par le préfet, le colonel Alseny Sylvert Camara, entouré de son cabinet, en présence des vingt sous-préfets de la juridiction, des présidents des délégations spéciales et de notabilités locales.

L’objectif affiché : responsabiliser les autorités déconcentrées et communales face à l’usage jugé anarchique des machines lourdes dans les sites d’orpaillage. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une note de service conjointe des ministères en charge des Mines et de la Géologie, de l’Environnement, des Eaux et Forêts, ainsi que du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).

Un homme en uniforme militaire, portant une casquette bleue, assis à un bureau.

Dans son intervention, le préfet a insisté sur « le respect strict des normes en vigueur » et instruit les sous-préfets ainsi que les présidents des délégations spéciales :

« Procéder à l’identification des machines non conformes et faire arrêter immédiatement celles qui ne respectent pas les normes établies. »

Du côté des jeunes engagés contre l’exploitation jugée destructrice, le ton s’est voulu ferme. Mamadi Sylla, leur porte-parole, a salué l’initiative tout en appelant à des mesures plus radicales :

« La réunion d’aujourd’hui nous rassure un peu. Si toutes nos autorités prennent conscience aux côtés de nos sages et de nous, les jeunes, pour défendre le Siguiri de demain et non des intérêts égoïstes, nous pourrons mettre fin à cette activité destructive. Mais pour nous rassurer que la décision sera respectée, il faut ordonner le déguerpissement immédiat des machines dans la brousse. Sinon, malgré l’interdiction, certains continueront à travailler la nuit. Tant que les machines détruiront notre environnement, nous n’arrêterons pas nos manifestations. »

Le porte-parole des présidents des délégations spéciales a, pour sa part, annoncé un durcissement de la position des collectivités :

« Toute société ou personne qui se présentera sans document légal délivré par le ministère de tutelle ne sera pas reçue dans nos collectivités. »

Réunion officielle avec plusieurs participants assis autour d'une table.

Une déclaration diversement appréciée par certains jeunes militants, qui y ont vu une posture ambiguë. La tension est montée d’un cran à la fin de la rencontre. Des propos injurieux ont été proférés contre des journalistes présents, accusés de relayer des déclarations controversées. Dans la confusion, le journaliste reporter d’images Mohamed Lamine Cissé a été pris à partie et frappé par des manifestants.

Cet incident, intervenu en marge d’une réunion consacrée à la gouvernance locale et à la protection de l’environnement, relance la question de la sécurité des professionnels des médias dans l’exercice de leur mission. La régulation des machines d’exploitation à Siguiri apparaît désormais comme un test majeur de l’autorité de l’État et du dialogue entre autorités et communautés locales.

Pour silabosoona.com, Ibrahima Kaman Faraba Camara