Ce dimanche 1er février 2026, une réunion des sages des treize contrées de Siguiri s’est tenue dans le vestibule de Nouga. Objectif : échanger et trouver une solution définitive pour mettre fin au travail des machines dites « poclains » sur le territoire de Siguiri, accusées de dégrader gravement l’environnement.

La rencontre a réuni les sages de Nouga, Bouré, Sèkè, Kènèmanden Niagassola, Djoma Wagna, Djoma Gnougou, Bidika, Mègnè, Kolonkalan, Sackodou, Goro, Koulibalydou, Kagnogon et Baraka. Des représentants de la Ligue islamique ainsi que des membres de Djelitomba ont également pris part à la rencontre.

Un groupe de personnes assises lors d'une réunion, avec divers vêtements traditionnels, dans une salle décorée.

Prenant la parole, le doyen de Nouga, Elhadj Dramane Magassouba, a appelé à une collaboration franche entre tous les sages afin de mettre un terme à la dégradation de l’environnement.

« Tous les représentants des treize cantons présents ici aujourd’hui représentent une contrée de Siguiri. Ce que je vous demande, c’est de rester derrière les engagements que vous venez de prendre. Nous allons rédiger un document que nous allons tous signer et envoyer au Président pour lui signifier que nous ne voulons plus du travail des machines poclains chez nous », a-t-il indiqué.

Un homme âgé portant une tenue traditionnelle discute avec un journaliste tenant un microphone. À l'arrière-plan, une enseigne indique 'VESTIBULE NOUGA B'.

De son côté, l’honorable Sékou Savané, doyen de Kènèmanden Niagassola, a rappelé la nécessité pour les doyens de soutenir les jeunes engagés dans la lutte contre la destruction de l’environnement à Siguiri.

« Certains reprochent aux jeunes de ne pas respecter la loi dans leur lutte. Mais il faut rappeler que c’est grâce à leur combat que Siguiri n’a pas encore péri. À l’allure où vont ces ennemis de Siguiri dans la destruction de l’environnement, notre préfecture ne pourra pas perdurer longtemps. Et si cela arrive, nous, les doyens, serons insultés par nos enfants et nos petits-enfants. Dans la lettre destinée au Président, précisons qu’en dehors des quatre sociétés agréées par l’État guinéen à Siguiri, nous ne voulons voir aucune autre société de tromperie détruire notre territoire », a-t-il déclaré.

Un homme souriant portant une tenue traditionnelle bleue et un bonnet, tenant un micro devant un mur clair.

Pour sa part, Soma Touré, porte-parole de l’Union mandingue, a accusé certains cadres de Siguiri d’être complices des exploitants étrangers dans la destruction de leur propre préfecture.

« Si vous voyez des Chinois venir à Siguiri avec des machines poclains pour détruire notre environnement, c’est parce que certains de nos fils cadres sont devant eux. Tous les dons que vous voyez pendant les campagnes — motos, voitures et argent — proviennent du travail des machines poclains. Ils ne font rien pour rien. C’est pourquoi ils ne sont pas d’accord avec les jeunes qui luttent contre la destruction de l’environnement. Soutenons donc ces jeunes jusqu’à notre dernière énergie », a-t-il accusé.

IBF CAMARA/SM-Média