À l’issue de leur rencontre, Donald Trump et Vladimir Poutine ont mis de côté la perspective d’un cessez-le-feu pour évoquer un accord de paix global. Une position qui alimente l’inquiétude de Kiev et de ses alliés européens.
Le sommet tenu entre Donald Trump et Vladimir Poutine a révélé une orientation claire : la recherche d’un accord de paix formel plutôt qu’un simple cessez-le-feu en Ukraine. Revenant à Washington, le président américain a expliqué que cette option avait été jugée préférable pour mettre fin durablement au conflit, car « un cessez-le-feu ne tient souvent pas », a-t-il affirmé sur Truth Social.
Cette posture est perçue comme une victoire stratégique pour Moscou. Depuis l’invasion de février 2022, Vladimir Poutine plaide pour un accord global, qu’il dit fondé sur les « causes profondes » de la guerre, notamment l’ambition ukrainienne de rejoindre l’OTAN. Une ligne rouge pour la Russie, qui considère cette extension de l’Alliance comme une menace directe.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. La nuit du sommet, 85 drones et un missile ont été lancés par la Russie sur l’Ukraine, selon Kiev. Samedi, Moscou a revendiqué la prise de deux localités dans l’est du pays.
Un autre sujet brûlant est resté en suspens : les sanctions économiques américaines. Un ultimatum donné à la Russie pour cesser la guerre a expiré vendredi, ouvrant la voie à des sanctions « secondaires » contre les pays commerçant avec Moscou. Mais Donald Trump a éludé la question, déclarant ne pas vouloir y réfléchir « pour le moment ». Pourtant, il dispose d’une base légale pour imposer jusqu’à 500 % de droits de douane contre les États soutenant la machine de guerre russe, selon le sénateur républicain Lindsey Graham.
L’Europe, de son côté, reste ferme. Les dirigeants de l’UE ont réitéré leur engagement à durcir les sanctions économiques tant qu’une paix « juste et durable » ne sera pas obtenue.
Sur la question des territoires occupés – près de 20 % du sol ukrainien – aucun des deux présidents n’a été explicite. Donald Trump a toutefois évoqué « très peu » de points à régler, ajoutant que l’un d’eux était « probablement le plus important », laissant planer le doute sur une éventuelle concession territoriale ukrainienne.
Quant aux garanties de sécurité pour Kiev, elles n’ont pas été abordées publiquement. Mais selon des sources proches du dossier, Trump aurait évoqué une garantie analogue à l’article 5 de l’OTAN, mais hors du cadre de l’alliance. Plusieurs pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, se disent prêts à participer à une force de réassurance stationnée en Ukraine, à distance de la ligne de front.
Donald Trump a enfin annoncé qu’il recevrait Volodymyr Zelensky lundi à la Maison Blanche, en vue d’une éventuelle rencontre tripartite avec Vladimir Poutine. Un scénario qui dépend, selon lui, de la position du président ukrainien.


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