Trois partis majeurs de Guinée sont frappés d’une suspension de 90 jours. Le ministre de l’Administration du Territoire invoque des non-conformités aux obligations statutaires. Une décision qui intervient à l’approche d’une période de tensions politiques.
L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le RPG arc-en-ciel et le Parti du Renouveau et du Progrès (PRP) sont suspendus pour trois mois de toute activité politique sur le territoire guinéen. La décision, signée par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, est entrée en vigueur immédiatement.
Selon le ministère, cette mesure fait suite à des « manquements persistants » à leurs obligations de conformité, notamment vis-à-vis de la Charte des partis politiques. Après une première mise en garde sous forme de période de réserve de 45 jours, les trois formations n’auraient pas corrigé les irrégularités relevées dans un rapport d’évaluation administratif.
Durant la suspension, il leur est formellement interdit de tenir des réunions, des manifestations, ou de mener toute forme de communication politique, que ce soit depuis leurs sièges ou à travers leurs antennes locales. Toute violation de cette interdiction exposera les contrevenants à des sanctions légales prévues par la Charte et le Code pénal.
Les partis disposent de 90 jours pour se conformer aux exigences mentionnées dans leurs certificats d’évaluation. Au terme de ce délai, un nouveau contrôle administratif déterminera leur éligibilité à une réintégration pleine et entière. En cas de non-conformité persistante, d’autres mesures pourront être envisagées par les autorités.
Cette suspension intervient alors que les forces vives de la nation appellent à de nouvelles manifestations dès le 5 septembre. Par ailleurs, l’UFDG est confrontée à une crise interne liée au report répété de son congrès, en raison de désaccords internes et de sanctions visant certains de ses cadres, dont l’actuel ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo. Le parti a d’ailleurs saisi la Cour suprême, qui a mis l’affaire en délibéré.


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