À Takoura, village de Haute-Guinée, seuls deux des quatre forages construits il y a plus de 30 ans fonctionnent encore. Cette situation illustre les défis criants de l’accès à l’eau dans les zones rurales guinéennes. Une réalité que Silabosoona Média a choisi de documenter à travers ses immersions de terrain.
Takoura compte aujourd’hui près de 5 000 habitants, mais ne dispose que de quatre forages, dont seuls deux sont en état de fonctionnement. Ces infrastructures ont été installées au début des années 1990 sous le régime du général Lansana Conté. Depuis, aucune nouvelle installation. La population a pourtant quadruplé.
Mamadi Condé, président du district de Takoura 1, résume la situation :
« Depuis 1990, nous avons quatre forages, installés par le général Conté. Aujourd’hui, deux sont en panne. La vallée est éloignée, la crise de l’eau est grave. »
Face à cette pénurie, les petits puits deviennent la principale source d’eau, bien que leur contenu soit souvent impropre à la consommation.
« On dit que ce n’est pas potable, mais on n’a pas d’autre choix », confie Mamadi Condé.
Les femmes, principales collectrices d’eau, sont les plus touchées :
« Quand une femme part chercher de l’eau, elle passe toute la journée là-bas. Si le puits est tari, il faut attendre. »
Un forage a récemment été construit en périphérie par des volontaires, mais il reste insuffisant pour répondre aux besoins du village.
« Cela fait plus de 30 ans que le gouvernement n’a rien fait pour l’eau ici », souligne l’adjoint du président du district.
Silabosoona Média, fidèle à son engagement de donner la parole aux oubliés, relaie l’appel du président Condé :
« Si le président Doumbouya et son gouvernement peuvent nous aider avec des forages, nous serions soulagés. Ce serait un acte d’humanité. »


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