Une campagne antidrogue lancée par Washington à l’été 2025 a progressivement pris une tournure militaire ouverte, culminant dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 par des explosions à Caracas et l’annonce controversée de la capture du président vénézuélien. Une séquence qui plonge le pays et la région dans une incertitude profonde.
Depuis août 2025, la pression américaine sur le Venezuela s’est intensifiée par étapes successives. Ce mois-là, les États-Unis lancent l’opération maritime dite « Southern Spear », déployant une flotte dans les Caraïbes et affirmant cibler des embarcations liées au narcotrafic. Washington reconnaît avoir détruit plusieurs bateaux, des frappes qui, selon des bilans de presse internationale, auraient fait plus d’une centaine de morts. Dans le même temps, des pétroliers transportant du brut vénézuélien sont saisis, une pratique qualifiée d’« acte de piraterie » par Caracas.
Le 24 décembre 2025, une explosion frappe le port de Maracaibo, détruisant un terminal de chargement. Le président américain Donald Trump affirme alors qu’il s’agit d’une frappe américaine visant des installations de narcotrafic, évoquant une opération délibérée contre la zone portuaire. Des sources sécuritaires américaines parlent d’une action ciblée contre un gang criminel, tandis que l’entreprise exploitant le site évoque un accident industriel. Pour plusieurs observateurs locaux, si l’hypothèse d’une frappe se confirmait, il s’agirait de la première opération américaine connue sur le sol vénézuélien dans le cadre de cette campagne.
Cinq jours plus tard, le 29 décembre, Donald Trump revient sur l’explosion depuis sa résidence de Mar-a-Lago, confirmant qu’il s’agissait, selon lui, d’une action militaire américaine, sans préciser quelle agence aurait été engagée. Ces déclarations nourrissent les craintes d’un élargissement du conflit au-delà des opérations en mer.
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, entre 2 h et 3 h 15 du matin à Caracas, plusieurs explosions secouent la capitale et des États voisins. Des habitants décrivent des avions volant à basse altitude, des bruits assimilés à des missiles et des tirs nourris. Des coupures d’électricité sont signalées près de la base militaire de Fuerte Tiuna. À La Guaira et autour de l’aéroport, d’autres détonations sont rapportées, jusque dans des localités situées à une centaine de kilomètres.
Au petit matin, le gouvernement vénézuélien dénonce une « très grave agression militaire » des États-Unis contre des zones civiles et militaires. Il accuse Washington de vouloir s’emparer des ressources stratégiques du pays et annonce que le président Nicolás Maduro a signé un décret d’état d’urgence. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, affirme que des missiles et roquettes ont frappé des quartiers résidentiels et promet un déploiement total des forces armées. Dans les rues, des familles préparent des sacs d’urgence, chargent leurs téléphones et redoutent une nouvelle vague d’attaques.
Vers 4 h du matin, Donald Trump annonce sur son réseau social que les États-Unis ont mené « une attaque de grande envergure » contre le Venezuela et que Nicolás Maduro et son épouse auraient été capturés puis exfiltrés. Il promet une conférence de presse dans la journée. À Caracas, la vice-présidente Delcy Rodríguez déclare ne disposer d’aucune information sur le sort du chef de l’État et exige une preuve de vie.
Les réactions internationales sont rapides. En Colombie, le président Gustavo Petro parle de frappes de missiles et appelle l’Organisation des Nations unies et l’Organisation des États américains à se saisir du dossier. L’Iran et la Russie condamnent l’attaque et demandent une réaction internationale. À Washington, l’absence d’autorisation formelle du Congrès suscite des critiques jusque dans le camp républicain, tandis que les autorités américaines se contentent de recommander à leurs ressortissants de rester confinés et d’interdire le survol civil du Venezuela.
En fin de matinée du 3 janvier, aucune confirmation indépendante n’est venue étayer l’annonce de la capture de Nicolás Maduro. Les grandes agences de presse rappellent que seules des déclarations officielles contradictoires sont disponibles. À Caracas, un calme précaire alterne avec des patrouilles militaires et une mobilisation décrétée par le pouvoir, sur fond de peur et d’incertitude.


Aucun commentaire pour le moment.