La Conférence internationale du N’Ko s’est clôturée ce 28 septembre dans la salle de la mairie d’Abobo, à Abidjan. Pendant trois jours, plus de 82 délégations venues de Guinée, du Mali, du Libéria, de France, des États-Unis, de Sierra Leone, de Gambie et du Burkina Faso se sont réunies autour de l’écriture N’Ko, pour échanger sur ses défis et ses perspectives.
Chaque délégation a présenté ses recommandations pour renforcer le rayonnement des langues et écritures africaines. La cérémonie de clôture a été marquée par des interventions officielles et des plaidoyers vibrants.
Le représentant du ministère ivoirien de l’Éducation nationale a salué la constance des promoteurs du N’Ko :
« La langue n’est pas seulement un outil de communication, elle est avant tout un vecteur de culture, de savoir et de transmission de valeurs. Le N’Ko, en tant que système d’écriture initié pour redonner aux langues mandingues leur dignité et leur rayonnement, mérite d’être soutenu. »
Du Mali, Dr Ibrahim Keïta a rappelé l’importance de cette rencontre et appelé à un engagement politique :
« Aidons le N’Ko à avancer, pour qu’il devienne l’écriture des langues africaines. »
Il a également mis en avant le travail de SualaSoft, une entreprise qui développe des applications et une bibliothèque numérique pour promouvoir l’écriture.
La diaspora américaine était représentée par Moussa Koné, président de NKO of US INC, qui a détaillé les efforts déployés pour introduire le N’Ko dans plusieurs universités américaines, dont Harvard, Philadelphie et Columbia.
Du côté des organisateurs, le président de l’OMD-N’Ko Abidjan a salué le gouvernement ivoirien et les pays participants, en lançant un appel clair :
« C’est ici, en Côte d’Ivoire, que le N’Ko est né. C’est donc à nous d’être les premiers à accompagner cet alphabet. »
Le secrétaire général du Conseil supérieur des imams, Imam Daoud Condé, a également pris la parole pour féliciter les participants.
Parmi les voix marquantes, Bangouli Nkangoui Joseph Stéphane a captivé le public en comparant l’importance du N’Ko à celle de l’hébreu, démontrant la valeur des langues africaines comme porteurs de civilisation.
Enfin, Mamadi Djondjon Keïta, deuxième vice-président de l’antenne ICRA-N’Ko de Kankan, a rappelé le rôle fondamental de l’écriture dans la transmission du savoir :
« Ce que les nations ont pu préserver, c’est leur culture. Et cette culture se transmet par la langue, à l’oral comme à l’écrit. Les écritures étrangères n’ont pas réussi à conserver nos savoirs ancestraux. Seule l’œuvre de Solomana Kanté a permis de le faire. »
Ainsi s’est achevée à Abidjan une rencontre qui, au-delà des débats, a confirmé la volonté commune de porter le N’Ko comme outil scientifique, éducatif et culturel pour l’Afrique et pour le monde.
silabosoona.com


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