Fondé le 10 décembre 1987 au début de l’Intifada, le Hamas est né comme mouvement islamo-nationaliste palestinien. Sa création répondait à un vide politique et social, et son rôle dans le conflit israélo-palestinien continue aujourd’hui de façonner la région, entre revendications, luttes armées et accusations de responsabilité dans la guerre récente.
Le mouvement Hamas — Harakat al-Muqawama al-Islamiyya — a vu le jour à Gaza en 1987, dans la tension de la première Intifada. Son fondateur principal, le cheikh Ahmed Yassine, accompagné de figures comme Abdel Aziz al-Rantissi et Mahmoud Zahar, voulait établir une force palestinienne mêlant action religieuse, sociale et résistance face à l’occupation israélienne. À l’époque, beaucoup de Palestiniens se sentaient abandonnés entre un vide institutionnel et une économie écrasée.
Le Hamas s’est d’abord implanté par les services sociaux : écoles, aides aux familles, réseaux de solidarité. Mais il a rapidement développé une branche armée, les Brigades Izz al-Din al-Qassam, affirmant que la lutte militaire faisait partie de son objectif de « libération nationale ». Cette ligne dure a souvent mis le mouvement en confrontation avec Israël, mais aussi avec d’autres partis palestiniens.
L’un de ses tournants majeurs survient en 2006, lorsqu’il remporte les élections législatives. Après des mois de tensions internes, il prend le contrôle de la bande de Gaza en 2007, devenant l’autorité de facto du territoire. Pour une partie de la population, cette victoire représentait un espoir de changement. Pour d’autres, elle annonçait des divisions profondes au sein du camp palestinien.
Concernant son bilan, le Hamas a réussi à s’imposer comme force politique incontournable et à maintenir une structure sociale durable dans un territoire assiégé. Mais il a aussi échoué à obtenir un État palestinien, et ses confrontations répétées avec Israël ont entraîné des pertes humaines massives, des destructions et un isolement international accru.
La guerre récente, déclenchée en octobre 2023, est mondialement associée au Hamas, notamment après son attaque contre Israël. Ce point demeure au cœur des débats politiques régionaux et internationaux. Depuis, Gaza vit l’une des crises humanitaires les plus graves de son histoire, tandis que les négociations restent fragiles et que les perspectives d’une solution durable semblent lointaines.
Aujourd’hui, en ce 10 décembre 2025, l’anniversaire de sa création s’inscrit dans une réalité déchirée : un mouvement toujours central, une population épuisée, et un conflit qui ne trouve pas d’issue.
silabosoona.com


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