Un ancien dirigeant sportif français, identifié comme Dominique Bouvet, a été placé en garde à vue après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il tient des propos sexuels explicites à une personne qu’il pensait être une adolescente de 14 ans, en réalité générée par intelligence artificielle.

La séquence, massivement relayée sur les réseaux sociaux et visionnée plus d’un million de fois, montre cet homme, déjà condamné en janvier 2025 pour des faits liés à des contenus pédopornographiques, engager une conversation à caractère sexuel avec ce profil fictif.

À la suite de la diffusion de ces images, une enquête judiciaire a été immédiatement ouverte par les autorités françaises afin de déterminer les circonstances précises de ces échanges et d’évaluer les éventuelles infractions commises.

Cependant, l’affaire soulève d’importantes questions juridiques quant aux méthodes utilisées. Des juristes et enquêteurs mettent en garde contre les pratiques de particuliers consistant à piéger des individus en ligne, en se faisant passer pour des mineurs.

Selon plusieurs spécialistes, ces initiatives peuvent porter atteinte à des principes fondamentaux tels que le respect de la vie privée et la présomption d’innocence. Elles pourraient également constituer une entrave à une enquête judiciaire, en perturbant le travail des autorités compétentes.

« Des personnes non formées peuvent détruire involontairement des preuves ou alerter un suspect », soulignent des experts de la lutte contre la pédocriminalité, insistant sur les risques de voir des suspects disparaître des radars avant toute intervention officielle.

Néanmoins, les éléments recueillis dans ce type de démarches peuvent parfois servir de point de départ à des investigations. Leur valeur probatoire reste toutefois conditionnée aux circonstances de leur obtention, la justice examinant notamment l’existence éventuelle d’une provocation à l’infraction ou d’une atteinte aux droits fondamentaux.

Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue face à l’utilisation croissante des technologies d’IA dans des dispositifs de “piégeage”, interrogeant à la fois leur efficacité et leur légalité.