Cette nouvelle incitation financière du gouvernement irlandais cible les demandeurs d’asile en attente de réponse. Elle vise à réduire les coûts de traitement des dossiers tout en facilitant les « retours volontaires » vers les pays d’origine.

L’Irlande vient d’introduire une mesure controversée : offrir jusqu’à 10 000 euros aux migrants qui acceptent de retirer leur demande d’asile et de rentrer volontairement dans leur pays. Le dispositif, annoncé le 29 septembre 2025 par le ministre de la Justice et des Migrations, Jim O’Callaghan, s’inscrit dans une stratégie d’allégement du système de protection internationale, mis sous pression par une forte augmentation des demandes.

Le décret prévoit une aide de 2 500 euros pour une personne seule, et jusqu’à 10 000 euros pour une famille. Pour ceux dont la première demande a déjà été rejetée et qui sont en phase d’appel, l’aide est réduite à 1 500 euros par personne, et 6 000 euros par famille. Les dossiers éligibles doivent avoir été déposés avant le 28 septembre 2025. Le retour volontaire peut être refusé si un risque est identifié pour la personne dans son pays d’origine.

« Nous devons réduire le nombre de cas sans issue favorable pour soulager notre système », a déclaré Jim O’Callaghan, rappelant que le coût moyen d’un dossier d’asile s’élève à 122 000 euros par personne, incluant hébergement, soins, éducation et aides sociales.

Le dispositif s’inspire du programme de retour volontaire déjà en place pour les sans-papiers, qui a permis à 1 200 personnes de quitter le territoire depuis janvier 2025, contre 550 l’année précédente à la même période. Dans ce cadre, l’État prend en charge le billet d’avion et verse une aide de 1 200 à 2 000 euros selon la situation familiale.

« Ils peuvent rentrer chez eux dans la dignité et avec les moyens de reconstruire leur avenir », a justifié Colm Brophy, ministre d’État chargé des Migrations.

Depuis 2022, l’Irlande fait face à une hausse continue des demandes d’asile : 11 598 en 2022, 13 264 en 2023 et 18 651 en 2024. Le gouvernement espère que cette mesure freinera la tendance et désengorgera les centres d’hébergement saturés.

Mais sur le terrain, les critiques se multiplient. Le Conseil irlandais pour les réfugiés (IRC) dénonce une politique « contraire à l’éthique ». Nick Henderson, son directeur, alerte sur les risques de pressions implicites : « Proposer cette aide alors que les gens attendent une décision depuis des mois, c’est les fragiliser encore plus. Beaucoup ont des chances réelles d’obtenir l’asile : 30 % des appels sont couronnés de succès cette année. »

Pour les associations, cette stratégie risque de compromettre le droit fondamental à une procédure juste et complète pour les personnes en quête de protection.

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