À Kankan, la campagne de fermeture des structures sanitaires privées non agréées a pris une nouvelle ampleur. Ce jeudi 12 février, au deuxième jour de l’opération déclenchée à la suite d’une décision du Tribunal de première instance (TPI), une équipe mixte a découvert qu’une clinique clandestine, déjà fermée après le décès d’un enfant, avait discrètement repris ses activités.
Située dans une concession abritant officiellement une unité de production d’eau potable, la structure sanitaire fonctionnait dans une chambre aménagée au sein d’un bâtiment d’habitation, distinct de l’usine. Selon les autorités sanitaires, cette clinique avait été fermée antérieurement après qu’un enfant, opéré sur place, a succombé à des complications malgré son transfert à l’hôpital régional.
« Nous sommes sur le terrain depuis deux jours pour fermer toutes les structures privées non agréées. Ici, nous avons trouvé une clinique clandestine installée dans une concession. Les promoteurs ont pris la fuite à notre arrivée », a déclaré Dr Touré Mohamed Amara, cadre à la Direction préfectorale de la santé (DPS) de Kankan.
Il précise que la fermeture initiale avait été ordonnée immédiatement après le décès de l’enfant, la structure ne disposant d’« aucun document administratif l’autorisant à exercer ».
Mais lors de cette nouvelle descente, les agents ont constaté que les activités avaient repris malgré l’interdiction. « Comme vous l’avez constaté, ils travaillaient encore. Dès qu’ils nous ont vus, ils ont fui. Ce type de situation est très répandu. Quand on sort sur le terrain, on se rend compte qu’ils sont partout », a ajouté le médecin.
La mission, composée d’agents de santé, de policiers et d’un représentant de la justice, a été déployée après réception d’un ordre officiel. « Hier, lors de la première sortie, nous avons visité plus de 25 cliniques. Sept ont été hermétiquement fermées parce qu’elles ne disposaient d’aucun document. D’autres, bien que partiellement en règle, feront l’objet d’évaluations complémentaires », a indiqué Millimono René, chargé des services de base communautaire et point focal communication à la DPS.
Les opérations ont concerné plusieurs quartiers, notamment Kankancoura, Bordo et Korialén. Les autorités assurent que les contrôles se poursuivront sans interruption. « C’est une activité non-stop. Après la fermeture, une commission passera encore. Quiconque tentera de reprendre illégalement ses activités sera poursuivi sans tolérance », a averti le responsable sanitaire.
Cette campagne fait suite à une décision du parquet près le TPI de Kankan. Le procureur Fodé Bintou Keïta avait tenu à clarifier la portée de l’opération :
« Ce ne sont pas toutes les cliniques privées qui sont concernées. Seules sont visées celles qui évoluent dans le domaine médical et paramédical sans habilitation administrative et dont les promoteurs se rendent coupables d’infractions pénales graves. »
Selon la DPS, des avertissements préalables avaient été adressés à plusieurs promoteurs lors de précédentes supervisions. Des réunions d’information avaient également été organisées pour rappeler les conditions légales d’ouverture et de fonctionnement d’une clinique.
La découverte de cette structure rouverte, malgré une fermeture consécutive à un décès, renforce la détermination des autorités. À Kankan, le message est désormais sans ambiguïté : exercer sans autorisation ne sera plus toléré, au nom de la protection de la santé publique.


Aucun commentaire pour le moment.