L’ex-chef du gouvernement malien a été condamné pour ses propos critiques sur les réseaux sociaux, dans un contexte politique sous haute tension.

L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été condamné ce lundi 27 octobre 2025 par le Tribunal de grande instance de la Commune IV de Bamako à deux ans de prison, dont un an ferme. Cette décision judiciaire met un terme à la première phase d’une procédure entamée en août dernier, à la suite de prises de position jugées subversives envers les autorités de transition.

À l’origine de l’affaire : des publications sur le réseau social X, où Moussa Mara avait exprimé son soutien à des figures politiques et de la société civile détenues, après leur avoir rendu visite. Ces prises de parole ont conduit à son inculpation pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ». Il avait été arrêté le 1er août 2025, puis écroué dans la foulée.

Les avocats de l’ancien chef du gouvernement, parmi lesquels Me Mountaga Tall, avaient à plusieurs reprises demandé sa libération provisoire. Toutes les requêtes ont été rejetées durant l’instruction. Le parquet, pour sa part, avait requis une peine de deux ans d’emprisonnement, peine finalement retenue par le tribunal, mais assortie d’un sursis partiel.

Premier ministre de 2014 à 2015 sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, Moussa Mara est l’un des rares acteurs politiques de premier plan à avoir ouvertement pris la parole contre la conduite des affaires publiques sous la junte. Cette condamnation intervient dans un contexte marqué par un durcissement de la liberté d’expression au Mali, où les critiques publiques sont de plus en plus surveillées, voire sanctionnées.

La défense dispose encore d’un délai légal pour faire appel de cette décision.

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