Deux pages manuscrites de Solomana Kanté, inventeur de l’alphabet N’ko, viennent d’être retrouvées. Il s’agit d’une traduction bilingue – N’ko et français – du préambule de la première Constitution de la République de Guinée, rédigée juste après l’indépendance. Le document, écrit avant la réforme orthographique de 1982, atteste d’un travail visionnaire de Kanté pour inscrire le N’ko dans les fondations de l’État moderne.



Dans un manuscrit soigneusement conservé, sans rature ni annotation visible, Solomana Kanté avait déjà entrepris de traduire la Constitution guinéenne dans son alphabet inventé en 1949. Ce texte fondateur de la première République est présenté en version bilingue : en français d’un côté, en N’ko de l’autre.
Cette version date d’avant 1982, année où Kanté introduisit des modifications dans l’écriture de certaines lettres (comme Tcha, Dja, Ra), visibles dans ce document selon leur forme ancienne. Ce détail confirme l’ancienneté du manuscrit et l’évolution graphique du N’ko au fil des décennies.
Le document a été confié à N’karamo Baba Mamady DIANE, un disciple direct de Kanté. Ce dernier aurait reçu les œuvres de son maître avec pour mission d’en assurer la publication future. Le contexte exact de cette traduction – projet personnel ou contribution à une initiative institutionnelle – reste pour l’instant inconnu, mais sa portée est indéniable.
En l’absence d’interview disponible, les seules observations permettent de comprendre l’importance de cette démarche : pour Kanté, l’usage du N’ko allait bien au-delà de la transmission culturelle. Il s’agissait d’un outil d’affirmation politique et intellectuelle. Traduire une Constitution, c’est ancrer une langue dans le droit, la citoyenneté, et la souveraineté.
Ce manuscrit, aujourd’hui entre les mains d’un héritier légitime, mérite d’être étudié, conservé et peut-être exposé comme pièce fondatrice de l’histoire linguistique et politique de la Guinée.


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